Une commission paritaire nationale s'est tenue à Paris les 7 et 8 octobre 2009.
Elle portait sur :
- les frais de santé et la prévoyance de branche,
- la Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences (GPEC),
- la Pénibilité,
- les minima conventionnels salariaux,
- le travail de nuit.
En préambule aux travaux, les patrons ont lu à l'ensemble des organisations syndicales une déclaration volontairement alarmiste sur la situation actuelle des casinos. Ne s'intéressant qu'à la baisse du produit brut des jeux, ils donnèrent qu'une vue erronée de la situation économique. Délibérément ils ont oublié de parler du chiffre d'affaire, du taux de rentabilité ou du volume d'affaire des casinos : restant un des plus importants tous secteurs confondus.
Cette allocution avait pour but de nous préparer à leur formidable générosité concernant les augmentations salariales des minima conventionnels... Après cette déclaration larmoyante (!) et sans portée réelle si ce n'est de figer d'embler leur position, les travaux ont repris conformément à l'ordre du jour préalablement établi.
Sur les frais de santé et la prévoyance, l'ensemble des partenaires sociaux : syndicats salariés et patronaux ont amendés l'accord de branche. L'accord reprend les garanties élaborées par l'ensemble des partenaires sociaux pour mutualiser l'ensemble des salariés de la branche. Sa finalité était de mettre en place un socle commun minimal pour les frais de santé et la prévoyance pour couvrir l'ensemble des salariés régis par la Convention Collective des Casinos. Ce ne fut pas facile car nous avons du faire face à l'intérêt particulier de certains groupes qui sous couvert d'indépendance et de fidélité à leur prestataire, ont jusqu'au dernier moment tenté de faire échouer ce projet généreux et inédit. Cet accord représente une avancée notable pour les 600 salariés sans couverture de la branche, et permet pour d'autres, de rehausser les socles de base des frais de santé des mutuelles groupe existants. Il faut bien sûr que les groupes acceptent ces économies d'échelles issues de la mutualisation des 18 000 salariés de la branche et donc n'essayent pas sous de fallacieux prétextes de mise en conformité conventionnelle, de remettre en cause les quelques avantages de leur mutuelle ou de leurs contrats de prévoyance d'origine.
Sur la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC), après avoir examiné les articles de l'accord, notre organisation est restée très dubitative concernant leurs portées sur les salariés. La sécurisation du parcours professionnel du salarié, la garantie de son droit à la formation et le transfère de ses compétences n'apparaissent que d'une manière impressive. La CGT aurait aimé qu'elles soient plus contraignantes pour les patrons.
Sur la pénibilité, après une rapide présentation de l'ARACT : organisme paritaire visant à promouvoir des actions en vue d'améliorer les conditions de travail et la performance économique, l'ensemble des partenaires sociaux ont débattu sur la mise en place d'une méthodologie d'identification, de prévention et réparation des postures de travail entraînant des troubles musculo-squelettiques (TMS) et des risques psychosociaux. Poursuivant cette logique de mise en place d'une méthodologique adaptée aux salariés de la branche, l'ensemble des partenaires sociaux ont pris la décision d'inviter l'agence nationale d'amélioration des conditions de travail (ANACT).
Sur les augmentations des minima salariaux conventionnels, la partie patronale a comme il était prévisible, proposé 0 %. La CGT a immédiatement fait part de son INDIGNATION et de sa COLERE. Elle a rappelé avec force les avantages fiscaux, la TVA à 5.5% et la fin programmée pour 2010 de la taxe professionnelle. Elle s'est déclarée éc½urée : les profits réalisés par les actionnaires, le volume et le chiffre d'affaire des casinos sont immenses et malgré tout ils ne distribuent pas la richesse produite par leurs salariés. INNACEPTABLE ! Elle a enfin mis en avant le désarroi des salariés de la branche qui de plus en plus sont obligés de s'endetter pour s'en sortir.
La CGT A APPELE LA PARTIE PATRONALE A REVOIR D'URGENCE SA POSITION EN AUGMENTANT LES MINIMA DE 5%.
Sur le travail de nuit, les patrons ont ramené la question au projet d'accord de 2005 privilégiant les jours de repos aux compensations salariales, ou aux négociations locales dans les casinos. Ils ont fait preuve du même irrespect profond pour les salariés que nous sommes. C'est paradoxal de voir une branche dont la majeure partie de son activité est la nuit, ne rien octroyer alors que la quasi-totalité des autres ont des accords salariaux. Ce qui prouve bien la rapacité et le peu de reconnaissance qu'ont les patrons des casinos pour notre travail...
Franck CLET,
Délégué syndical national et du JOACASINO d'Uriage.





